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Ne fouettons pas celui qui veut apprendre et s'enrichir l'esprit, offrons-lui sur un lit de pêche et de soie tous les outils dont il a besoin. Ne le piégeons pas, avec des termes ambigus, avec des paroles factices. Ne lui donnez pas l'impression de contempler un zircon quand il, pour la première fois, lance son regard sur le diamant pur qu'est la littérature. Je prie tous ceux et celles qui enrichissent de leur voix et leurs critiques l’expérience qu’ils ont avec les livres, de ne pas faire fuir la jeunesse en proie à de nouvelles passions, de nouvelles découvertes, de nouvelles excitations qu’ils pourraient trouver en la littérature, en la culture, ou en l'art sous quelconque forme. La pédanterie est un mal d'un autre siècle, ne la faites pas germer dans vos esprits. La peste n'a jamais fait s'esquisser un sourire sur un malade.

lundi 21 mai 2012

Ninon De Lenclos la tête haute, Elle crie !

Ce premier billet prend suite à ce qui est dit plus haut. Je ne vais pas vous dire pourquoi j'ai pris comme pseudonyme et nom de domaine pour ce blog Nino de Lenclos. Peut-être parce que c'est tout simplement poétique, peut-être parce que c'est une femme de lettres, une courtisane cultivée et libertine qui a donné l'exemple de la femme libérée, la femme autonome. Je ne sais pas, je laisse la décision à qui viendra me lire choisir le pourquoi du comment de ce mystère.

Pourquoi — encore une question — j'écris ce blog? Parce que j'ai du temps à perdre? Certainement. Mais aussi, car j'ai lu, j'ai lu beaucoup de pages personnelles, de pages d'échanges culturelles comme je les appelle, c'est bien cela? Je les vois ainsi.

Mais je suis tombée sur des lectures qui m'ont le plus profondément attristée. Mesdames et Messieurs écrivains et écrivaines en herbe : Quand nous offrons un bout de critique, d'avis,  à qui les adressons-nous? Aux internautes, ceux qui cliquent sur le petit lien qui est en face d'eux. Bienheureusement, tous ne sont pas des académiciens, d'autres diront malheureusement. Que vois-je? Je vois des pseudo écrivains qui se croient certainement à quelques siècles d'intervalles pour utiliser des termes désuets, des mots poussiéreux qu'aujourd'hui plus personne n'emploie, car nous en avons d'autres, mais aussi, car comme le dit le dictionnaire ils sont « vieillis » et « rares ». Mais ce n'est pas tant cela le problème, car je ne peux que féliciter ceux qui utilisent ce genre de vocabulaire, moi-même il m'arrive de le faire. Ce n'est pas cela que je critique. C'est le ridicule de l'emploi. C'est ceux qui recherchent dans le dictionnaire des synonymes tous les termes vieillis et rares pour ne pas, plus, utiliser un seul mot contemporain. Ce qui donne il faut le dire de la gerbe littéraire (j'ai tout de même un doute sur l'emploie du nom « littéraire »). Un amas incompréhensible de mots archaïques ridicules, un manque de goût, de raffinement, de poésie, et de subtilité, c'est ce que l'on peut appeler : Le vulgaire du cuistre littéraire. Mais ils vont s'en défendre souvent par deux arguments — à prendre ou à laisser, j'ai fait mon choix je laisse —, le premier argument est que c'est totalement inné chez eux, autant nous faire avaler des couleuvres.  C'est vrai par exemple : 
« Je n'avais jamais remarqué à quel point tes dents étaient blanches ! » Voilà ce que dirait n'importe quelle personne croisant l'acteur, l'actrice ayant fait la pub pour Email diamant. Ce qui donnerait pour le profil du cuistre ou de la pédante « Inopinément j'ai azimuté ta bouche et je n'avais point avisé que tes dents étaient d'une si marmoréenne blancheur ». Cela vient naturellement à tout le monde, c'est bien connu. Deuxième argument, attention nous allons presque lâcher des larmes ; car ce cuistre est un combattant de la langue française, mais plus que cela, il s'est donné la mission d'élever les âmes, si ce n'est pas les âmes, c'est la restitution d'un vocabulaire français de haut rang pour chacun de ceux qui liront ses lignes par un jeu subtil : 
« Toi pauvre lecteur, tu ne comprends pas ma phrase, tu ne comprends pas ma manière de la construire, car en tentant de faire quelque chose de vieilli— et donc pour moi de classe, noble montrant mon front proéminent — je ne respecte pas les règles — basiques — constituantes de la phrase. Grâce à moi, ce vocabulaire que tu ne connais pas tu vas aller le chercher dans un dictionnaire, et te cultiver un petit peu ça ne te fera pas de mal pauvre inculte (il dirait même :) pauvre petit philistin ! » 
Malheureusement il faut bien être candide pour croire que le pauvre lecteur fera cela. C'est mal le connaitre. La cuistrerie littéraire c'est comme mettre plein d'épices rares et chères dans son plat, cela a pour réaction chimique  de faire un plat lourd, indigeste, qui te brûle l'estomac. Il aurait pourtant été si simple de mélanger une ou deux épices pour faire de ce plat, un plat gouteux, succulent, je dirais même plus ambrosiaque (ce dernier adjectif c'est pour leur faire plaisir).

Alors disons stop à la cuistrerie, à la pédanterie, je le répète c'est vulgaire, absolument pas poétique, il n'y a pas plus factice, cela se remarque comme une mariée à un enterrement. 

Utilisez avec parcimonie ces mélanges de vocables qui peuvent s'avérer dangereux pour le naturel de votre texte, et pour le bien être du lecteur, car celui-ci compte. Ne l'insultez pas en le prenant de haut et en lui disant « je n'en ai cure de tes incompréhensions. »

BIENVENUE

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